# 2026_Jux_musics

# les Sophs

<header class="single-entry-header" id="bkmrk-%5Blive-review%5D-the-so"># \[Live Review\] The Sophs à la Maroquinerie : quand le buzz est justifié

<div class="single-entry-meta"><span class="posted-on">[<time class="entry-date published updated" datetime="2026-05-07T08:41:58+02:00">7 mai 2026</time>](https://www.benzinemag.net/2026/05/07/live-review-the-sophs-a-la-maroquinerie-quand-le-buzz-est-justifie/)</span><span class="byline"> <span class="author vcard">[Laurent Fegly](https://www.benzinemag.net/author/laurent-fegly/)</span></span> <span class="comments-link">[Leave a comment](https://www.benzinemag.net/2026/05/07/live-review-the-sophs-a-la-maroquinerie-quand-le-buzz-est-justifie/#respond)</span></div></header>## Le public est venu en nombre pour écouter The Sophs à la Maroquinerie. Et nous, qui étions un peu sceptiques, en sommes ressortis heureux et rassurés sur le potentiel du groupe, même s’il leur reste à gagner en constance pour que tout le répertoire soit à la hauteur de leurs singles parfaits.

<div class="entry-content" id="bkmrk-the-sophs-%C3%A0-la-maroq"><figure aria-describedby="caption-attachment-191922" class="wp-caption alignnone" id="bkmrk-the-sophs-%C3%A0-la-maroq-1" style="width: 800px;">![The Sophs Maro Jean O 01](https://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2026/05/The-Sophs-Maro-Jean-O-01.jpg)<figcaption class="wp-caption-text" id="bkmrk-the-sophs-%C3%A0-la-maroq-2">The Sophs à la Maroquinerie – Photo : Jean O</figcaption></figure></div>L’apparition, tous les mois, de nouvelles révélations amenées à devenir de futures stars est une constante de la presse musicale depuis des décennies. Les Anglais s’en sont fait une spécialité, avec des résultats mitigés : peu de musiciens sont encore présents cinq ans après le déchaînement déclenché par leurs premiers singles. **The Sophs** ne sont pas anglais : ils viennent de Los Angeles et font partie des attractions de 2026. Leur premier single, *SWEAT*, a fait crier au génie. Les références ont fusé, et l’album qui a suivi, *GOLDSTAR*, a été globalement acclamé. En gros, nous tiendrions les nouveaux **The Strokes**.

Bon, restons raisonnables : oui, ce disque possède de bons moments, mais les premiers singles sortis restent les meilleurs titres. Attendons un peu avant de crier au génie. Le passage à la Maroquinerie tombe à pic pour se faire une idée plus solide. À l’heure de l’IA et des producteurs malins, rien ne vaut le test du live pour jauger le potentiel de ces phénomènes autoproclamés. Le buzz a bien fonctionné : la Maroquinerie affiche complet ce soir. Le public est composé de jeunes et d’habitués plus âgés qui en ont vu d’autres, mais restent intrigués.

![The Sophs Maro Jean O 02](https://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2026/05/The-Sophs-Maro-Jean-O-02.jpg)Arrivés trop tard rue Boyer, nous manquerons le set de la première partie, **Shakkalo**, et son folk mélancolique. Ce sera pour une autre fois. Pour nous faire patienter, la sono passe du classic rock américain (**The Allman Brothers Band**, **The Doors**, **Tom Waits**) : un choix qui va, étonnamment, bien préparer le terrain. Il est 21 h quand **Ethan Ramon** et sa bande arrivent sur scène. **Ramon** capte les regards. Frontman, chanteur, compositeur : son charisme saute aux yeux.

Preuve de l’éclectisme de **The Sophs**, le concert démarre par une reprise, et par de la pure country : *I’m a Man of Constant Sorrow*, popularisé par la bande originale de *O Brother, Where Art Thou ?* des frères **Coen**. Mise en bouche sympathique, mais le groupe rentre vite dans le vif et dans le tracklisting de *GOLDSTAR*, avec *THE DOG DIES IN THE END*. Guitare acoustique de **Seth Smades**, petite voix pas trop poussée, et déflagrations de guitare d’**Austin Parker Jones** : la Maro réagit aussitôt. Les qualités de **The Sophs** sautent aux oreilles : un son ample (six musiciens, dont un clavier et deux guitares), des chansons bien fichues, et une sacrée maîtrise. Ce qu’on peut prendre pour du bordel est millimétré. Et **Ramon** est très fort pour tenir la salle.

*![The Sophs Maro Jean O 03](https://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2026/05/The-Sophs-Maro-Jean-O-03.jpg)They Told Me Jump I Said How High* poursuit sur un mode spoken word ; **Ramon** y livre des commentaires désabusés et cyniques sur sa vie de jeune adulte mal dans sa peau. Mieux vaut bosser les paroles avant : il a un sacré débit, le garçon, et il est facile de se perdre dans son flow. La chanson-titre, *GOLDSTAR*, a une inventivité folle, avec ses chœurs et ses accents flamenco. Les effets sur la voix de **Ramon** la font ressembler à celle de **Julian Casablancas**, sur une section rythmique plus punk. *BLITZED AGAIN* est très réussie, même si le groupe va un peu chasser sur les terres de **Muse** sur le refrain.

Le savoir-faire est là : absorber le plus de traditions possibles et en faire un patchwork habile, qui les modernise. On pense à beaucoup de monde pendant ce concert : *In My Own Way* et *I’M YOUR FIEND* mélangent les mélodies de **Weezer** au j’men-foutisme de **Pavement** ; *BIG RED X* évoque un punk classique ; *A SYMPATHETIC PERSON* lorgne vers **Tom Waits** et son obsession pour **Kurt Weill**. Au moment de *SWEETIEPIE* et sa guitare acoustique entraînante, ce sont les **Violent Femmes** que nous avons devant nous, avec **Ramon** en **Gordon Gano** moderne et désarticulé. Vient le temps des reprises : le groupe s’attaque au grand **Bill Withers** (*Better Off Dead*) et prouve qu’il peut aussi se frotter à la soul.

*![The Sophs Maro Jean O 04](https://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2026/05/The-Sophs-Maro-Jean-O-04.jpg)DEATH IN THE FAMILY* ne doit rien à personne et devient un sommet du set. Enchaînée avec *SWEAT*, elle provoque un effet radical dans la fosse. De notre poste inhabituellement reculé, nous sommes aux premières loges pour constater les dégâts. Ils font un carton, les jeunes ! Un très bon nouveau morceau, *Best Man in Los Angeles*. Une dernière reprise, de **Mac DeMarco** cette fois (*For the First Time*), et **The Sophs** quittent la scène après un concert d’à peine une heure, durée prévisible quand on n’a qu’un court disque à défendre.

Au bout du compte, une belle surprise : un groupe qui a déjà beaucoup appris de ses aînés, tout en gardant la fraîcheur de la jeunesse. Le potentiel est réel. Qu’en feront-ils ? Le deuxième album sera guetté avec attention. Nous sortons de la Maroquinerie en nous disant que, cette fois-ci, on ne nous a pas menti sur la marchandise.

![](https://www.benzinemag.net/images/etoiles/3_5.gif)

Laurent Fegly

Photos : Jean O – merci à lui !

### The Sophs à la Maroquinerie  
Producteur : Radical Productions  
Date : lundi 4 mai 2026